Changement climatique, insécurité alimentaire et crises sociales.

Université d’été OSAE (1-10 septembre 2022)

L’Observatoire de la Souveraineté Alimentaire et de l’Environnement (OSAE) organise sa deuxième université d’été du 1er au 10 septembre 2022 à Jerba-Tunisie sur le thème de « Changement climatique, insécurité alimentaire et crises sociales ».

L'Afrique du Nord est confrontée à une urgence climatique. La région est un « point chaud du changement climatique » (GIEC/IPCC 20211) avec une forte probabilité d'augmentation de la température qui provoquera des vagues de chaleur extrêmes. La région est « plus sensible aux facteurs du changement climatique que la plupart des autres régions du monde » (Scott 2021, np). Ces facteurs comprennent la chaleur extrême, les déserts et la poussière, en particulier dans les régions centrales de l'Algérie et de la Libye. La température pourrait augmenter de 7 degrés centigrades avant la fin du XXIe siècle. Une augmentation de deux degrés centigrades de la température entraînerait une baisse de 20 à 40 % des précipitations. Ainsi, les fortes chaleurs extrêmes prévues auront probablement des conséquences délétères sur les moyens de subsistance ruraux déjà détériorés, résultat des politiques de libéralisation économique et de la négligence des décideurs à l'égard des petits agriculteurs. Cela rend les moyens de subsistance dans le cadre de la distribution actuelle des ressources particulièrement limités (RICCAR 2018,43).

1 https://www.ipcc.ch/report/sixth-assessment-report-working-group-i/

 

Les processus de changements climatiques (CC) en cours auront un impact direct sur la sécurité alimentaire des populations, à commencer par les familles d'agriculteurs, et sur la souveraineté alimentaire aux niveaux local et national. Selon Laukkonen et al. (2009, 288), le CC « aura un impact négatif sur la croissance pro-pauvre et sur les niveaux de vulnérabilité et de pauvreté ». L'intensification des vagues de chaleur aura un impact négatif sur la santé des personnes, la durabilité du bétail, la production agricole, la disponibilité de l'eau et l'approvisionnement en énergie (Zittis et al 2020). La Banque Mondiale suggère que la pénurie d'eau accrue diminuera la croissance de 6 à 14 % d'ici à 2050, les économies les plus pauvres et « basées sur l'agriculture souffrant davantage » (2016).

Ainsi, face aux conséquences dramatiques prévisibles (et déjà visibles dans plusieurs zones) du dérèglement climatique qui commencent à frapper les pays du sud, dont la Tunisie, et devant l’aggravation de la dépendance alimentaire de la majorité des pays du Sud, il est nécessaire d’explorer la question des mécanismes complexes qui se cachent derrière les liens entre changements climatiques, pauvreté et marginalité paysanne et dépendance alimentaire. À qui profite le changement climatique et qui en sont les premières victimes ?

Il est désormais prouvé que l’agriculture industrielle et extractiviste participe massivement à alimenter les mécanismes du dérèglement climatique. Certes, toutes les agricultures ne participent pas de la même manière et au même niveau à ces processus, mais la production de dioxyde de carbone qui est à l’origine du dérèglement du climat est proportionnellement liée à l’intensification de la production : plus l’agriculture est intensive et mécanisée, plus sa contribution carbone est élevée. Plus l’agriculture est intensive, plus elle est liée au marché mondial et donc directement liée à la dépendance alimentaire et/ou agricole de la plus large partie de la population mondiale. Par l’énergie utilisée pour la production et au transport, par ses relations avec les marchés financiers mondiaux et par la nature même de ses produits, l’agriculture capitaliste est, en quelque sorte, directement responsable des bouleversements climatiques en cours et des catastrophes qu’ils induisent. Parmi tant d’autres activités agricoles, l’élevage intensif qui se développe partout dans le monde y compris dans les régions arides telles que le sud tunisien, est directement responsable d’environ 20 % de la production mondiale de dioxyde de carbone et donc du dérèglement climatique.

Les changements climatiques sont le produit des modèles économiques capitalistes basés sur l’exploitation extractiviste des ressources naturelles et l’usage intensif des hydrocarbures. Ainsi, alors que l’agriculture intensive et industrielle est l’un des domaines les plus émetteurs de dioxyde de carbone, l’agriculture paysanne et extensive est la plus exposée et la plus vulnérable aux conséquences des changements climatiques. D’où la nécessité de réfléchir sur le lien entre modèles agricoles, pauvreté paysanne et vulnérabilité climatique.

Il est donc plus que nécessaire de développer des axes de recherches académiques rigoureuses sur ces problématiques et d’enrichir les débats avec des productions continues de connaissances qui visent, entre autres, à comprendre les différents mécanismes et processus en cours et à établir les chaînes de responsabilités. C’est pour ces raisons qu’OSAE a décidé d’organiser la deuxième université d’été sur la problématique de Changements climatiques, Insécurité alimentaire et Crises sociales.

Inscrivez-vous

Notez bien :

L’Université d'été, qui durera du 1er au dix septembre 2022, se déroulera essentiellement sous forme d’ateliers de travail et de présentations et de discussions des projets de recherche des participant.e.s, en présence de chercheur.e.s séniors. Par ailleurs, ces derniers feront des présentations orales lors de séances thématiques dédiées. Trois jours seront réservés à des visites de terrain (visites, entretiens…).

L’Université d’été se déroulera en français, mais la connaissance de l’arabe est souhaitable.

Conditions de participation

  • Être étudiant.e en master ou doctorat (ou équivalent) ou être activiste engagé.e sur les problématiques liées au thème de l’université d’été.

  • Le nombre de participant.e.s étant limité à 15 personnes, nous prendrons en compté le principe simple du « premier arrivé, premier servi ».

Frais de participation et bourses :

  • Les prises en charge des frais de participation seront prioritairement réservées aux étudiant.e.s du Maghreb.

  • Nous disposons d’un nombre limité de bourses attribuables sur des critères sociaux et économiques (mais sans tenir compte de la nationalité) pour couvrir partiellement ou totalement les frais de participation. Les candidat.e.s concerné.e.s doivent retourner le formulaire « demande de prise en charge » dûment renseigné.

Demande de prise en charge :

Open Document Format

( https://osae-marsad.org/wp-content/uploads/2022/03/Demande-de-financement-2022.odt )

Microsoft Word Format

( https://osae-marsad.org/wp-content/uploads/2022/03/Demande-de-financement-2022.docx )

Dossier d’enregistrement :

  • Inscription en ligne (le formulaire ci-dessous).

  • Un CV détaillé et mis à jour (merci d'indiquer dans l’objet du mail : université d’été 2022 - votre prénom et nom) ;

  • Un projet de recherche en cours de réalisation ou prévu (2000 mots maximum) ;

  • Le cas échéant, une demande de prise en charge ;

    Tous les documents doivent être envoyés à :
    info@osae-marsad.org

Dernier délai d’inscription 31 mai 2022

Réponse des organisateurs :  15 juin 2022

Inscription en ligne :